7.20.2006

Juste une fois

En 1998 j'ai interrompu une grossesse, avortement. Jusque là je n'avais pas réellement d'opinion sur le délicat sujet de l'avortement, sachant pertinemment que c'est le genre de débat où l'on argumente à grand coup de grandes convictions, mais où l'on change bizarrement tout notre discours quand on y est confronté... En voyant la petite ligne bleue mon premier sentiment n'avait laissé aucune place à la réflexion ni à l'ambivalence, et mon copain était d'accord. Pas rendue là, pas prête, pas assez stable, pas assez de sous, pas assez le goût, trop de doutes, etc, etc.

La décision s'est faite sans tiraillement, l'intervention sans douleur, ni physique ni psychologique. J'étais consciente que cet acte en était un très important et très sérieux, mais mon choix était clair et sans ambiguïté. Assumé.

Je n'y ai, depuis ce jour de l'été 1998, pratiquement jamais repensé, certaine que ce geste ne viendrait me tourmenter qu'à 45 ans, sans enfant, peut-être triste et pleine de regrets.

Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai été saisie: j'aurais un enfant de 7 ans. Je l'ai vu passer sa tête dans le cadre de porte et je l'ai entendu me dire: "maman, je peux avoir une pomme?".

Alors ce soir je m'adresse à toi.
C'est étrange, ce qui me rappelle ton absence aujourd'hui n'est pas le regret de ne pas avoir eu d'enfant, mais plutôt la présence de celui que j'ai eu il y a 5 mois, de mon bébé Noah. Le fait de découvrir cette nouvelle façon infinie d'aimer, d'avoir les yeux remplis de larmes juste à le regarder dormir, d'apprendre tout l'univers une deuxième fois à travers lui, tout ça aujourd'hui m'a pris par les trippes et je t'ai vu, enfin, je t'ai imaginé. Remplie de tant d'amour aujourd'hui, j'ai senti, pour la première fois, un petit trou, un petit vide.

Je ne serai pas transie de remords à partir d'aujourd'hui... Je ne peux regretter, je déteste regretter. J'adore la vie que j'ai, je suis amoureuse de Noah et de son papa. Regretter n'apporterait rien à personne. Je ne veux pas tomber dans le piège des remords. Tu n'as pas de prénom, je ne t'ai pas senti(e) grandir et la seule fois que je t'ai vu(e) c'était cet après-midi, dans un délire...

Par contre si je le pouvais, là, ce soir, juste une fois, une première et une denière fois, je te prendrais dans mes bras et je te dirais: je te demande pardon.

7.16.2006

merci, Ô inconnu

Merci à toi, inconnu travaillant chez Latina, St-Viateur O., pour ta patience infini et ton talent à farcir, une par une, les olives vertes colossales de prociutto et provolone, ou de fromage feta.
Merci.





le summum des gâteries pour moi. mmmm...

7.13.2006

Le bonheur c'est une chanson triste 2

Pour y faire suite.......

le bonheur, pour moi, c'est:

- se réveiller sans cadran, au bout de son sommeil
- l'odeur du café, du pain chaud, de l'orange, du jasmin, du muguet
- le sourire de mon fils de 4 mois, Noah
- la dernière page d'un livre
- un, deux verres de vin en préparant le souper (ok, trois ou quatre)
- un billet d'avion à mon nom
- un bol d'olives.... noires, vertes, épicées, farcies, natures....
- la première neige
- une vallée
- le vent, gaspésien si possible
- les guimauves sur feu de camp
- un fou rire partagé
- un après-midi seule
- une musique qui rappelle une personne
- le prociutto, le fromage, les olives (je l'ai dit, les olives?)
- le dos de mon amoureux à 3 heures du matin
- un road trip avec plein de bons cd
- faire pipi quand on avait vraiment trop envie
- trouver 20 piastres dans la poche de son jeans
- le point, celui après le je t'aime comme le G
- recevoir une carte postale
- des crêpes avec du sirop d'érable
- être triste, parfois
- le moment M de la pénètration
- marcher sous la pluie, avec des bottes de pluie
- les tomates
- réaliser qu'on a eu peur pour rien
- ouvrir la radio et que ça soit "notre toune" qui joue
- jouer au toc avec mes soeurs
- un mojito
- une grosse tempête de neige qui nous clou chez-nous, quand on a de la bouffe...
- se coucher dans des draps frais lavés
- être en sueur et épuisée... juste après... se retourner et s'endormir
- les cup-cakes!
- un bain chaud avec une bière froide
- cucu (oui, le bonheur c'est souvent des choses ben cucu)
- comme un arc-en-ciel
- ou un coucher de soleil, c'est cucu mais toujours un bonheur un coucher de soleil
- ...
- ...
- ...

j'y pense, dans le film "City of angels", Seth, l'ange, demandait à tous ceux qu'il "accompagnait" vers ce que nous appellerons "le paradis" ce qu'ils avaient préféré. Une petite fille lui avait répondu les pyjamas à pattes..... ça fait du sens, j'en porte plus parce qu'il ne s'en fait pas en taille 7-8, mais je l'aurais sûrement ajouté à ma liste:
- pyjamas à pattes

7.12.2006

Le bonheur c'est une chanson triste

J'ai revu aujourd'hui le film Le bonheur c'est une chanson triste, avec la lumineuse Anne-Marie Cadieux.
Ce film m'a encore fait le même effet, on suffoque de chaleur juste à le regarder... même à la fraîcheur de l'air clim on se met à transpirer tellement la canicule est omniprésente dans chaque scène.
J'adore ce film pour deux raisons.
Primo, Anne-Marie plaque tout pour vivre ce qu'elle doit vivre ("tout" veut ici dire boulot payant, valorisant, superficiel de publiciste avec toute la vie qui va avec, et "ce qu'elle doit vivre" veut dire ici arpenter les rues de Montréal avec une petite caméra en demandant aux passants leur conception du bonheur). J'ai une admiration pour les gens qui ont la conscience qu'ils ne sont pas où ils devraient être vivant ce qu'ils devraient vivre et surtout qui ont les couilles de changer de cap à 180 degrés, le courage de sauter dans le vide et de recommencer.
Deuzio, je trouve fscinant cette question toute simple posée à des inconnus et encore plus les réponses reçues. Ça fait réfléchir à ce qu'est notre propre conception de ce fameux bonheur

J'ai envie de faire la même chose. Pas plaquer tout, non, j'ai le sentiment profond de vivre ma "légende personnelle" en ce moment (Paolo Coelho, l'Alchimiste), mais plutôt de poser cette question candide et nue à tout ceux que je rencontre et de faire la liste des réponses reçues dans un petit calepin.

Si quelqu'un lit ce message, s'il-vous-plaît aidez-moi à commencer ma liste et dites-moi: Le bonheur, pour vous, c'est quoi?

7.11.2006

point.

mon amoureux vient de m'envoyer un texto qui dit: Je t'aime.

je trouve ça super.

un je t'aime tout simple suivi d'un point.






je t'aime aussi. point.

Je suis là.

Je suis là.
Je suis là grâce à l'édition d'août du Elle Québec feuilletée la semaine dernière dans une salle d'attente et dans lequel, à la page je ne sais plus quoi, ils suggèrent, en deuxième position de cinq, la visite du blog d'un barman montréalais, lui.
Curieuse, j'ai lu un, puis deux, puis cinq et puis la quasi totalité de ses messages. Un peu voyeuse de sa vie, de ses aventures, mais surtout ébahie par sa plume, j'ai remonté jusqu'en 2004 ses archives.
J'ai surtout parcouru à partir de là un labyrinthe de bloggeurs.
Une toile d'araignée virtuelle. Je me suis promené de blog en blog et j'ai rencontré (virtuellement toujours):

- lui, un chauffeur de taxi qui m'offre un monde d'anecdotes, un monde que je ne connais pas, moi qui ne prend le taxi que quand je voyage.....

- lui ,mais bordel de merde, au moment où j'arrive, il part. Dommage, c'est beaucoup à sa lecture que je me suis dit: ok, go.

- elle, je rêve d'un mur bibliothèque
comme le sien. Et c'est sa vie, son "beat", son bonheur qui est le plus proche du mien je pense.

- elle, qui songe aussi à
partir, dont la vie est à mille lieux de la mienne mais qui m'a fait hésiter à me lancer par l'atteinte que les commentaires de ses (nombreux) visiteurs ont sur elle... quoique mon blogue ne sera JAMAIS aussi populaire, frèquenté et donc critiqué que le sien. Elle a joué avec le feu, s'est brûlé... J'ai pensé à la lecture de quelques-uns de ses messages que ces blogues sont un peu du "reality show" virtuel. C'est leur vie (ou des tranches de celles-ci, de là le nom de ce blogue) que les blogueurs exposent en ligne, avec leur part de vérité et de "capitaine bonhomme", chacun offrant son mélange, sa recette entre le fictif et le réel.

enfin, je ne veux pas tous les nommer, j'en ai visité des dizaines, aimé certain, adopté quelques-uns et pas du tout accroché à d'autres.
Je ne veux pas tous ler nommer, mais j'ai fait la connaissance d' une camionneuse qui écrit sur la route, d'un bédéiste, d' une Stay at Home Mom (SAHM) or a Shit Ass Ho Motherfucker et d'une sauterelle dans son champ...

Alors me voilà, là, prête à cliquer sur le petit carré orange marqué "Publier le message".

go.